Nuit de Sindelfingen

Laurent Margantin

Tu as souvent voulu retourner dans la nuit de Sindelfingen. Déjà à Tübingen, tu as commencé plusieurs textes intitulés Nuit de Sindelfingen, que tu n’achevais jamais. Tu te souviens que tu étais dans un bus qui te conduisait à l’usine Daimler, qu’il y avait des ouvriers dans le bus à côté de toi, que c’était la nuit, que tu ne sortais jamais de cette nuit. Tu as souvent voulu retourner dans la nuit de Sindelfingen, mais à chaque fois tu craignais de ne pas savoir parler de ce monde de l’usine que tu avais connu pendant un an, quatorze mois exactement, à chaque fois tu t’arrêtais dans le bus, incapable d’évoquer l’usine et surtout le travail que tu y faisais, les outils dont tu te servais chaque jour, outils dont tu ignorais le nom en français (et souvent même en allemand), à chaque fois tu t’arrêtais à un fragment de texte, incapable de parler de cet univers auquel tu étais étranger, doublement étranger puisque tu ne faisais partie d’aucune des nationalités représentées dans l’usine, et parce que tu étais d’un autre monde, petit étudiant venu gagner des sous pendant les vacances (même si finalement tu restas quatorze mois). (…)

Lire la suite du texte de Laurent Margantin sur le site « oeuvres ouvertes »,  ici.

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