Une vie plus belle

L’enfant avait terminé et lut à haute voix ce qu’il avait écrit :  » Comment je me figure une vie plus belle — J’aimerais qu’il  ne fasse ni chaud ni froid. Il faut qu’il souffle toujours un vent tiède, parfois il y a une tempête contre laquelle il faut s’accroupir. Les autos ont disparu. Les maisons seraient rouges. Les buissons seraient de l’or. On saurait déjà tout et on n’aurait plus besoin de rien apprendre. On habiterait sur des îles. Dans les rues les voitures restent ouvertes et on peut s’y mettre quand on est fatigué. Mais on n’est plus fatigué du tout. Les voitures  n’appartiennent à personne. Le soir on reste debout. On s’endort là où on est. Il ne pleut jamais. De tous les amis on en a quatre de chaque et les gens qu’on ne connaît pas disparaissent. Tout ce qu’on ne connaît pas disparaît. »

 Peter Handke,  La femme Gauchère

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Une vie plus belle

Farmer

Lundi 23 avril 2012

Comment je me figure une vie plus belle

Une vie avec ma famille et mon domaine, où je peux décider en tout temps si je veux travailler ou pas. Cela veut dire que je garde ma ferme mais si je décide de ne pas aller au travail, je n’y vais pas. Je trouve du personnel quand je veux, et du bon personnel. Sans souci de devoir le payer, et sans me préoccuper de savoir si monsieur est content, ou s’il mange bien. Quand je décide d’aller en vacances je pars où je veux et quand je veux, pas de problème d’argent, et pas de souci, j’aimerais que ma ferme fonctionne quand je ne suis pas là, la même chose que si j’étais là. Quand j’ai envie qu’il pleuve, il pleut, et quand je décide qu’il fasse beau il fait beau le nombre de jours que je veux, comme cela en tout temps je peux organiser les foins, si je veux agrandir ma ferme je peux, et si je veux changer de tracteur ou de machine je peux. si je décide d’acheter du terrain je peux, une vie sans arrêter de travailler une vie toujours active, une vie comme je l’aime d’agriculteur passionné.

Devant la parole


Valère Novarina

Devant la parole

Chaque terrien d’ici le sait bien, qu’il n’est pas fait que de terre. Et s’il le sait, c’est parce qu’il parle. Nous le savons tous très bien, tout au fond, que l’intérieur est le lieu non du mien, non du moi, mais d’un passage, d’une brèche par où nous saisit un souffle étranger. A l’intérieur de nous, au plus profond de nous, est une voie grande ouverte : nous sommes pour ainsi dire troués, à jour, à ciel ouvert (…). Nous le savons tous très bien, tout au fond, que la parole existe en nous, hors de tout échange, hors des choses, et même hors de nous.

Qu’est-ce que les mots nous disent à l’intérieur où ils résonnent ? Qu’ils ne sont ni des instruments qui se troquent, ni des outils qu’on prend et qui se jettent, mais qu’ils ont leur mot à dire. Ils en savent sur le langage beaucoup plus que nous. Ils savent qu’ils sont échangés entre les hommes non comme des formules et des slogans mais comme des offrandes et des danses mystérieuses. Ils en savent plus que nous ; ils ont résonné bien avant nous ; ils s’appelaient les uns les autres bien avant que nous soyons là. Les mots préexistent à ta naissance. Ils ont raisonné bien avant toi. Ni instruments ni outils, les mots sont la vraie chair humaine et comme le corps de la pensée : la parole nous est plus intérieure que tous nos organes du dedans. Les mots que tu dis sont plus à l’intérieur  de toi que toi. Notre chair physique c’est la terre, mais notre chair spirituelle c’est la parole ; elle est l’étoffe, la texture, la tessiture, le tissu, la matière de notre esprit.

Devant la parole

Farmer

Lundi 26 mars 2012

Une histoire

Aujourd’hui nous avons beaucoup parlé de la pollution dans sa globalité, c’est quelque chose qui me perturbe énormément ces jours, car nous avons eu très peu de pluie pendant l’hiver et surtout maintenant c’est terriblement sec. Du fait que je suis agriculteur, il y a deux choses qui sont primordiales, c’est l’eau et la terre. Je pense qu’aujourd’hui nous sommes en train de payer les années d’industrialisation depuis 1950 à aujourd’hui. Quand j’avais vingt ans au printemps nous étions toujours embêtés pour faire nos semis ou le travail à la vigne se compliquait par le passage d’averses fréquentes, ces dernières années nous avons eu très peu de pluie dans sa globalité, et c’est toute l’Europe qui est concernée, au Portugal en Espagne ou en Italie, nous avons eu beaucoup de feux de forêt, les sols qui sont passés par un incendie repoussent difficilement car au début ce sont des petits buissons qui sont encore beaucoup plus vulnérables aux flammes, donc il y a peu de végétation verte ce qui n’attire pas la pluie, les sols deviennent toujours plus secs. Quand je regarde ces dix dernières années, comme le climat a pu changer dans notre région, je m’inquiète vraiment pour les dix prochaines années, car cela va toujours plus vite. nous aurons de gros problèmes pour alimenter nos bêtes, et je n’ose pas imaginer le reste, sans être négatif je pense que nous allons droit dans le mur, une situation qui sera irréversible. Je veux essayer de mettre dans mon jardin de la paille dans mes tomates et les pommes de terre.

Infra-ordinaire

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien ; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas d’avantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.

Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ? (…)

Nous vivons, certes, nous respirons, certes ; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

 L’infra-ordinaire, Georges Perec.

Habiter

Farmer

Lundi 19 mars 2012

Habiter, maison, ancienne ferme.

Extérieur, hangar, couvert à machines, place de parc, balcon, barrière, fenêtre, volet rouge, tuile rouge.

Entrée, porte en bois vitrée, hall d’entrée, porte rouge, escalier, frigo, grande porte à gauche, grande porte à droite, salle à manger, table noire, cuisine, grande cuisine, bar, salle de bain.

Balcon, salon, télé, écran plat, canapé, mur rouge, poutraison, escalier en bois, chambre Céline, gauche salle de bain, droite chambre Alexandra, porte chambre parents, plafond grande roue poutraison.

Extérieur, belle ferme transformée avec cinq appartements, projet de construire un immeuble à la place du hangar et couvert à machines, ce qui nous permet de mettre en valeur les mille mètres carrés de terrain en zone constructible.

Mon appartement est assez grand deux cent cinquante mètres carrés.

Cuisine, hotte, four, frigo, carrelage rouge, carrelage beige, poutraison, table, tableau, frigo, lait, mayonnaise, confiture, fromage, beurre, viande, yogourts, oeufs, bière, vin blanc.

Salle de bain, orange brun, miroir, brosse à dent, linge sale, douche vitrée.

Je ne suis pas trop inspiré par ce texte aujourd’hui.

August Sander

Farmer

Lundi 5 mars 2012

Trois paysans en habits du dimanche, August Sander (photo).

Trois paysans habillés du dimanche, ils sont sur un chemin caillouteux derrière eux, nous pouvons deviner une colline au loin, et plus proche d’eux un champ labouré. D’après la photo et nos informations nous sommes dans les années 1914. Il me semble que les deux de droite pourraient-être des jumeaux parce qu’ils se ressemblent beaucoup, les trois sont munis d’une canne presque identique parce que celui de gauche et celui de droite ont un scotch blanc en haut de leur canne, y a-t-il un moyen de pouvoir connaître la réponse, celui du milieu a une cravate mais pas les autres, et celui de gauche fume la cigarette, il me paraît dix ans plus vieux que les autres. Et vu que l’on est dans les années 1914, c’est sûrement des gens que l’on risque de ne jamais revoir, parce que la guerre fait rage.

Je m’appelle Farmer et nous sommes en avril 1914, à ce jour j’ai exactement trente ans, nous partons à l’église en famille bien habillés, chacun avec sa canne, car demain lundi nous sommes mobilisés pour nous battre contre les allemands qui à ce jour ont lancé une offensive contre notre peuple la France. En tant que terriens, nous nous devons de laisser notre ferme aux mains de nos femmes et de nos enfants, j’ai un regard triste et inquiet comme mes frères, car nous n’avons encore jamais étés au front, mais en tant que terriens, nous sommes des gens persévérants et courageux.

On dirait

On dirait

On dirait que mon nez bleu est surprenant.

On dirait que mes yeux gracieux sont rieurs.

On dirait que ma tête voyage calmement sur la terrasse.

On dirait que mes genoux dansent dans le jardin.

On dirait que mes orteils énormes courent à l’hôpital.

On dirait que mes mains écoutent la chanson.

On dirait que mes dents mangent l’histoire.

On dirait que mes cheveux longs se promènent dans la bibliothèque.

On dirait que mes oreilles écoutent la télévision.

On dirait que la fenêtre rit joyeusement de mes organes.

On dirait que le petit salon travaille mon cerveau.

On dirait que le giratoire nage lentement dans mes veines.

On dirait que ma respiration s’arrête au lac.

On dirait que mon corps chante curieusement dans l’ordinateur.

(Création collective, avec les participants du cours de Jacqueline, le 30 janvier 2012)

Il y a il n’y a pas, journal

Farmer

Lundi 30 janvier 2012

Dans mon pays, il y a une agriculture efficace mais mal comprise par le gros de la population. Il n’y a pas beaucoup de ressources naturelles, ce qui nous pénalise.

Dans mon village, il y a beaucoup d’habitants. Il n’y a plus de poste ni de banque, tout a été groupé vers les grandes villes.

Dans le monde il y a beaucoup de pauvreté, il n’y a pas de nourriture pour tout le monde.

Journal

Dimanche 29 janvier : le matin debout 4h45 fini 8h45 vêlage pendant la nuit, après petit-déjeuner repos, ensuite petite engueulade avec ma femme, et l’après-midi via le centre thermal en famille jusqu’à 17 heures et ensuite je suis aller aider l’employé et mon père à la ferme car nous avons eu beaucoup de vêlages, le soir je suis allé chercher mes filles pour les mettre au lit.

Samedi 28 janvier : le matin debout 4h45 fini huit heures, après bossé à la ferme jusqu’à douze heures, l’après-midi je suis allé faire du ski à Mauborget en famille car il y avait les nocturnes jusqu’à vingt-deux heures, après nous avons bu un verre de rouge avec des copains. Nous sommes rentrés à vingt-trois heures trente, et nous avons mangé quelque chose avant d’aller nous coucher.

Vendredi 27 janvier : le matin toujours même programme, ensuite j’ai paillé les logettes et préparé l’écurie pour le week-end.

Jeudi 26 janvier : nous sommes allés au marché à Moudon où nous avons mené une génisse pour la vendre à la boucherie car elle ne portait pas, à midi nous avons mangé une fondue en présence du taxateur Monsieur F. et de son peseur, le soir nous sommes rentrés pour soigner nos bêtes.

Mercredi 25 : Nous sommes allés à la vigne toute la journée.

Mardi : soigner le matin.

Rue du Collège

Rue du Collège

n°3  marché de Noël Stuttgart Jean-Louis voyages novabus.

n°5 le pain de notre boulanger la signature de l’artisan véritable baguette vaudoise de tradition.

n°6 la Fontaine boxer bière la bière romande de qualité

frappé fraise mocca vanille chocolat coco.

Défense de laver dans ce bassin et d’en salir l’eau amende Fr 3 direction de police municipale.

En cas d’absence veuillez vous adresser à côté.

n°11 tous les soirs crêpes à gogo tous les jours menus et salades.

L’esprit libre… un art de vivre

2011 parmi les meilleurs commerçants de votre région

les champs magnétiques pulsés contre les douleurs

l’être bleu ésotérisme tarot doré

les incroyables pouvoirs de l’eau.

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avec ou sans rendez-vous.

Ici Berlin centre d’adaptation de lentilles de contact entrée.

Fin de la zone piétonne.

Publicité non désirée.

Rue du Collège

Farmer

Lundi 23 janvier 2012

Rue du Collège

Ici Berlin centre d’adaptation de lentille de contact. Entrée.

ça me rappelle un voyage que nous avons organisé avec des copains. Nous avons décidé de partir à Berlin parce que le mur de l’est venait de tomber. c’était au mois de novembre 1989, j’avais exactement dix-neuf ans et mes copains par-là autour. Nous sommes un peu partis sur un coup de tête, sans préparation nous n’avions pas réservé d’hôtel, juste nos billets de train. Nos parents nous ont amenés au départ du train d’Yverdon, ensuite armes et bagages, bouteilles de Bonvillars, nous montâmes dans le train en direction de Berlin. Ce que je me rappelle vraiment c’est que nous avons bien fait la noce pendant le trajet, je crois qu’il y a jusqu’à Berlin environ mille deux cents kilomètres, c’est approximatif de ma part. Arrivé sur place c’était un vendredi, nous avons visité l’Allemagne de l’est, c’était impressionnant de passer d’un côté de l’autre, on aurait dit qu’il y avait cent ans de différence. Ensuite le soir à l’ouest, nous sommes allés en métro au centre-ville pour manger et faire la fête et draguer les filles car nous étions là aussi pour cela. Après une soirée bien arrosée sans oublier le trajet, nous commencions à être très fatigués, nous avons commencé à chercher un hôtel, mais il y avait tellement de monde que c’était impossible de trouver un endroit pour dormir, nous sommes allés voir à la gare mais tout était plein, les gens dormaient à même le sol car c’est le seul endroit où c’était chauffé. Pour finir autour de deux heures du matin nous nous sommes enfilés dans un cinéma porno, car il tournait vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C’était un peu bruyant mais nous étions tellement fatigués que nous avons tous dormi environ quatre heures. Par la suite nous sommes allés au Mac Donald. Enfin ce voyage m’a marqué, parce que si vous n’avez pas d’endroit pour dormir et que vous vous trouvez dans une grande ville, ça n’est vraiment pas évident car vous avez cette sensation d’être abandonné et seul, par exemple même les couloirs d’immeubles ne sont pas accessibles à la population.

Lire

Farmer

Lundi 9 janvier 2012

Je me trouve dans le train en direction de Brest via Paris, je vais trouver ma soeur Christine et mon beau-frère Yvan en Bretagne. Je suis en vacances pour deux semaines, j’ai organisé avec le personnel le travail à la ferme, j’espère que tout va bien se passer car avec le bétail il y a toujours des surprises.

En direction de Paris j’ai sorti un livre qui s’appelle PLM. C’est un livre qui permet aux professionnels du lait d’acquérir d’autres connaissances que sa propre ferme, c’est un mélange d’idées de producteurs de tous horizons, Europe Brésil Pays de l’Est Amérique Canada Russie. Vu que ma ferme est dirigée production de lait je suis vraiment intéressé par cette production. Dans cette série on parle principalement du prix du lait et des coûts de production au litre de lait. Les coûts de production varient énormément d’une ferme à une autre et d’un pays à l’autre, cela dépend de l’année de construction, si la ferme est amortie ou pas, de la surface fourragère, de la qualité des fourrages, de la machinerie, de la main d’oeuvre et de l’efficacité alimentaire.

J’arrive à Paris, il faut que je prépare mes affaires car je dois changer de gare, ensuite je pars en direction de Brest. Le changement de gare effectué me voici dans le TGV. Je peux reprendre ma lecture, j’ai environ encore cinq heures de train. Une fois les coûts de production terminés, j’ai lu différentes situations d’agriculteurs de France, car la France est un des pays les plus producteurs d’Europe.

Chambre

LA VIE MODE D’EMPLOI

Georges Perec

Chapitre LVII

Madame Orlowska  ( Chambres de bonne, 11 )

(…)

 La chambre est toute petite et bien rangée. A gauche, collé contre la cloison, le lit, une banquette étroite garnie de quelques coussins, sous laquelle ont été aménagés des tiroirs; puis une table en bois blanc avec une machine à écrire portative et divers papiers, et une autre table, plus petite encore, pliante, en métal, supportant un camping-gaz et plusieurs ustensiles de cuisine.

 Contre le mur de droite il y a un lit à barreaux et un tabouret. Un autre tabouret, à côté de la banquette, remplissant l’espace étroit qui la sépare de la porte, sert de table de nuit: y voisinent une lampe au pied torsadé, un cendrier octogonal de faïence blanche, une petite boîte à cigarettes en bois sculpté affectant la forme d’un tonneau (…).

 Le sol est couvert d’un linoléum rouge sombre. Les murs, garnis d’étagères où sont rangés les vêtements, les livres, la vaisselle, etc, sont peints en beige clair. Deux affiches aux couleurs très vives, sur le mur de droite, entre le lit d’enfant et la porte, les éclairent un peu : la première est le portrait d’un clown, avec un nez en balle de ping-pong, une mèche rouge carotte, un costume à carreaux, un gigantesque noeud papillon à pois et de longues chaussures aplaties. La seconde représente six hommes debout les uns à côté des autres : l’un porte toute sa barbe, une barbe noire, un autre a une grosse bague au doigt, un autre a une ceinture rouge, un autre a des pantalons déchirés aux genoux, un autre n’a qu’un oeil ouvert et le dernier montre les dents.

Quand on lui demande quelle est la signification de cette affiche, Elzbieta Orlowska répond qu’elle illustre une comptine très populaire en Pologne, où elle sert à endormir les petits enfants :

   – J’ai rencontré six hommes, dit la maman.

   – Comment sont-ils donc ? demande l’enfant.

   – Le premier a une barbe noire, dit la maman.

   – Pourquoi ? demande l’enfant.

   – Parce qu’il ne sait pas se raser, pardi ! dit la maman.

   – Et le second ? demande l’enfant.

   – Le second a une bague, dit la maman.

   – Pourquoi? demande l’enfant.

   – Parce qu’il est marié, pardi ! dit la maman.

    – Et le troisième ? demande l’enfant.

   – Le troisième a une ceinture à son pantalon, dit la maman.

   – Pourquoi ? demande l’enfant.

   – Parce que sinon il tomberait, pardi ! dit la maman.

   – Et le quatrième ? demande l’enfant.

   – Le quatrième a déchiré ses pantalons, dit la maman.

   – Pourquoi ? demande l’enfant.

   – Parce qu’il a couru trop fort, pardi ! dit la maman.

   – Et le cinquième ? demande l’enfant.

   – Le cinquième n’a qu’un oeil d’ouvert, dit la maman.

   – Pourquoi ? demande l’enfant.

   – Parce qu’il est en train de s’endormir, comme toi, mon enfant, dit la maman d’une voix    

     très douce.

   – Et le dernier ? demande en murmurant l’enfant.

   – Le dernier montre les dents, dit la maman dans un souffle.

   Il ne faut surtout pas dire que le petit enfant demande alors quoi que ce soit, car s’il a le    

     malheur de dire : 

   – Pourquoi ?

   – Parce qu’il va te manger si tu ne dors pas, pardi ! dira la mère d’une voix tonitruante.

Chambre

Farmer

Lundi 5 décembre 2011

La chambre

Quand j’étais petit, avec mes frères et soeurs, nous avions trois chambres pour quatre personnes. Mes deux soeurs avaient leurs chambres à elles toutes seules, moi et mon frère partagions la même chambre. Il y avait deux lits avec une armoire pour les livres. Les habits étaient dans le corridor, et mes parents avaient leur chambre un peu plus loin. Nous étions assez coincés ! Mais c’était sympa. Ce qui m’a dérangé par la suite, c’est que j’avais pas mal de différence d’âge avec mes frères et soeurs et par la suite je me suis retrouvé tout seul ! Je me suis vraiment ennuyé de mes soeurs, mais moins de mon frère parce qu’il travaillait sur la ferme, la grande de mes soeurs est partie en France, en Bretagne, et la petite Chantal est partie à Vevey. Voilà un peu l’histoire de la famille et de notre habitat.

Mon père me racontait tous les soirs ou presque la même prière. Notre père qui est aux cieux , que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donne-nous notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous soumets pas à la tentation mais délivre-nous du mal car c’est à toi qu’appartient le règne la puissance et la gloire au siècle des siècles. Amen.

Je me souviens

Farmer

Lundi 28 novembre 2011

Je me souviens d’un vêtement ou d’un accessoire

Je me souviens au militaire quand j’ai touché mes habits.

Je me souviens d’avoir reçu au football pendant un match le brassard de capitaine.

Je me souviens d’avoir touché pendant l’école mes nouvelles chaussures de foot.

Quand je suis arrivé à l’école de recrues à Bière c’était en automne, il ne faisait pas très chaud, nous nous sommes rassemblés dans la cour, nous étions une centaine, ensuite nous nous sommes répartis en plusieurs groupes, environ quinze personnes par groupe. Dans le groupe avec qui j’étais nous sommes passés en premier les uns derrière les autres pour toucher nos vêtements, chaussures, sac, veste, souliers, pantalons, et d’autres vêtements ainsi que du matériel. L’arme dans laquelle je m’étais engagé est la mitrailleuse, j’ai pu faire beaucoup de connaissances et nous avons fait une bonne école de recrues. Concernant les habits, il y en avait pour le combat couleur forêt, avec les habits de pluie, ensuite pour le travail interne nettoyage de la caserne et des armes, ceux-ci étaient de couleur grise. Après il y avait la tenue pour la formation sur les armes ou les déplacements qui était de même couleur que la tenue de combat. La dernière tenue c’est la tenue de sortie, celle-ci est de couleur grise assez élégante tout en restant militaire. Le gros défaut de toutes ces tenues, c’est que l’on passait au biribi, cela consistait à être dans la cour en général en tenue de sortie, ensuite le commandant nous disait que le travail durant la journée n’avait pas été fait correctement. Alors d’un ordre énergique changement de tenue, tenue bleue c’est la tenue de travail trois minutes, si nous étions de nouveau en retard on recommençait jusqu’à ce qu’on arrive dans les temps ! Cela était vraiment difficile pour les nerfs.

Liste

NOTES DE CHEVET

Sei Shônagon

Sei Shônagon était une dame d’honneur appartenant à la cour impériale du Japon. Elle a écrit les « Notes de chevet » dans les premières années du 11è siècle.

18.   Choses qui font battre le coeur

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.

Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.

Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse, au fond du coeur.

19.   Choses qui font naître un doux souvenir du passé

Les roses trémières desséchées.

Une nuit ou la lune est claire

20.   Choses qui égayent le coeur

L’aspect d’un bateau qui descend la rivière.

De l’eau qu’on boit quand on se réveille la nuit.

25.   Oiseaux

J’aime beaucoup le perroquet, bien que ce soit un oiseau des pays étrangers. Tout ce que les gens disent, il l’imite.

J’aime le coucou, le râle d’eau, la bécasse, l’étourneau, le gobe-mouche.

Le moineau à tête rouge.

La mouette.

La voix de l’oie sauvage est d’une mélancolie délicieuse quand on l’entend dans le lointain.

26.   Choses élégantes

Sur un gilet violet clair, une veste blanche.

Les petits des canards.

De la neige tombée sur les fleurs des glycines et les pruniers.

Un très joli bébé qui mange des fraises.

27.   Insectes

Le criquet à sonnettes, le criquet des pins, la sauterelle tisserande, le papillon, la libellule, la luciole.

La phalène est très jolie et charmante. Lorsqu’on approche la lampe tout près, pour lire un roman, qu’elle est gracieuse quand elle passe, en volant, devant le livre!

29.   Cascades   

28.   Rivières  

32.   Villages  

33.   Herbes

67.   Choses effrayantes

72.   Choses ravissantes

82.   Choses qui ne servent plus à rien, mais qui rappellent le passé

98.   Ecrits

109.   Choses à voir

132.   Choses qui ne font que passer

Un bateau dont la voile est hissée.

L’âge des gens.

Le printemps, l’été, l’automne, l’hiver.   


Liste

Farmer

Lundi 21 novembre 2011

Une liste de choses à visiter dans la région

Le château de Grandson, qui fait partie de notre passé historique.

La route romaine. Identique.

Le Creux du Van qui se situe entre Vaud et Neuchâtel.

Le Chasseron qui est la pointe du Jura (sommet).

La cave de Bonvillars, qui est une cave coopérative.

A Grandson l’église catholique.

A Grandson la Maison des Terroirs.

Les grottes de Vallorbe.

Le château à Yverdon.

La route qui va de Yverdon à Yvonand avec ses chemins pédestres,  et sans oublier la roselière qui est la plus grande de Suisse. Il paraît qu’elle serait infectée de crocodiles.

Le musée des boîtes à musique de Sainte-Croix.

Les gorges de Covatagne.

L’Arnon, qui est une magnifique rivière située entre Vuiteboeuf et La Poissine, mais le départ est la gorge de Covatagne.

Zone

Farmer

Lundi 14 novembre 2011

Photo n°1

Te voici dans la salle de traite debout avec ton tablier, tes bottes et tes salopettes. Tu es en train de traire une superbe Holstein qui donne cinquante-trois litres de lait.

Photo n°2

Te voici en vacances chez ta soeur en Bretagne, tu vas pouvoir te reposer et prendre du temps pour toi. La mer est magnifique.

Photo n°3

Tu es avec tes filles au bord du lac, tu vas leur apprendre le ping-pong, malheureusement Alexandra n’arrive pas au niveau de la table.

Journal

Lundi 14 novembre: le matin j’ai mené du lisier, tout le matin, et l’après-midi je suis allé à l’assemblée du moulin. Nous avons fini de débattre à dix-sept heures trente.

Dimanche 13 novembre: je me suis levé à cinq heures du matin, ensuite nous avons fini la ferme à neuf heures, et nous sommes allés déjeuner. Ensuite j’ai dormi un petit moment, et je suis aller voter. Après-midi, promenade avec mes filles.

Samedi 12 novembre: nous avons paillé les logettes et l’après-midi nettoyé les génisses.

Vendredi 11 novembre: nous sommes allés chez UMATCC pour négocier une réparation sur mon tracteur viticole.

Jeudi 10 novembre: assemblée du moulin et mené du fumier.

Mercredi 9 novembre: mené du fumier.

Mardi 8 novembre: assemblée de la FSPC.

Lundi 7 novembre: assemblée de PSL.

Dimanche 6 novembre: dormi le matin, et l’après-midi promenade avec Céline et Alexandra.

Cortège

Farmer

Lundi 7 novembre 2011

Quand je suis seul

J’essaye de faire de la lecture. Je regarde la télé, je vais en visite chez Monsieur X, qui est un ami de longue date, nous buvons un café, ou un verre de rouge. Je n’aime pas trop être seul, alors je trouve toujours une occupation. Comme indépendant, il y a les factures, le courrier à regarder. Les journaux à lire.

En définitive être seul est intéressant, mais il faut sans cesse se trouver une occupation. .

Surprise

Gagner à l’euro-million: surprise!

J’investirais dans l’immobilier, aujourd’hui c’est une valeur sûre, environ quatre à douze-pour-cent de bénéfice, ensuite je paierais un grand voyage à mes parents, je rembourserais mes dettes, et je m’offrirais du bon temps. Mais vu que je ne joue jamais à l’euro-million, il n’y a pas de risque que je gagne un jour!

Dimanche 6 novembre: le matin je suis parti à cinq heures traire les vaches, j’ai fini autour de huit heures trente, ensuite j’ai dormi jusqu’à onze heures et l’après-midi j’ai fait de la lecture.

Jeudi 3 novembre: je suis allé transporter la betterave.

Mercredi 2 novembre: identique à jeudi.

Mardi 1 novembre: vidangé les tracteurs avec le personnel.

Lundi 31 octobre: nettoyé sur la dalle au dessus de la salle de traite