Zone

ZONE

 Alcools, Guillaume Apollinaire

(…)

Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule

Des troupeaux d’autobus rugissants près de toi roulent (…)

Maintenant tu es au bord de la Méditerranée

Sous les citronniers qui sont en fleur toute l’année (…)

Tu es dans le jardin d’une auberge aux environs de Prague

Tu te sens tout heureux une rose est sur la table (…)

Te voici à Marseille au milieu des pastèques

Te voici à Coblence à l’hôtel du Géant

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon

Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide (…)

Tu es debout devant le zinc d’un bar crapuleux

Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux

Tu es la nuit dans un grand restaurant (…)

Tu es seul le matin va venir

Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues (…)

Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie

Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie (…)

Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied (…)

Adieu Adieu

Soleil cou coupé

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Zone

Marie-Thérèse

Mercredi 16 mai 2012

Tu marches je suis fatiguée.

Tu pédales le vélo à la rue.

Tu es au milieu de la ville pour faire les commissions.

Te voici dans la foule.

Tu travailles.

Tu es au cours de Lire et Ecrire.

Te voici à la poste pour payer les factures mais tu n’as pas beaucoup d’argent.

Tu es en vacances avec ta fille.

être avoir

Marie-Thérèse

Mercredi 2 mai 2012

J’ai mangé de la salade mêlée à midi avec la petite.

Je n’ai pas lavé les poissons le matin.

Je suis partie en ville.

Je ne suis pas partie en ville.

Tu as mal.

Tu n’as pas mal.

Tu es mon bébé.

Elle n’est pas contente.

Il est parti à la boucherie.

Nous sommes fragiles.

Ils ne sont pas allés…

Yverdon-les-Bains : rue du Lac, place Pestalozzi

Marie-Thérèse

Lundi 30 avril 2012

J’aime cette rue parce que quand j’ai congé je dors beaucoup et quand je me réveille je nettoie un peu chez moi après je pars à la rue du Lac me balader parce que je trouve tellement jolies les choses et je discute avec les gens que je croise et il y a beaucoup de magasins très jolis et je continue tout au fond de la rue j’arrive à la place Pestalozzi je trouve l’église des protestants j’aime aller prier parce que le monde est méchant.

Une vie plus belle

L’enfant avait terminé et lut à haute voix ce qu’il avait écrit :  » Comment je me figure une vie plus belle — J’aimerais qu’il  ne fasse ni chaud ni froid. Il faut qu’il souffle toujours un vent tiède, parfois il y a une tempête contre laquelle il faut s’accroupir. Les autos ont disparu. Les maisons seraient rouges. Les buissons seraient de l’or. On saurait déjà tout et on n’aurait plus besoin de rien apprendre. On habiterait sur des îles. Dans les rues les voitures restent ouvertes et on peut s’y mettre quand on est fatigué. Mais on n’est plus fatigué du tout. Les voitures  n’appartiennent à personne. Le soir on reste debout. On s’endort là où on est. Il ne pleut jamais. De tous les amis on en a quatre de chaque et les gens qu’on ne connaît pas disparaissent. Tout ce qu’on ne connaît pas disparaît. »

 Peter Handke,  La femme Gauchère

Une vie plus belle

Marie-Thérèse

Mercredi 25 avril 2012

Comment je me figure une vie nouvelle

Quand j’étais enfant la vie n’était pas facile pour nous et je souhaitais de vivre une vie meilleure à la longue et que je sache ce qui se passe dans la vie et pour connaître je souhaite …

Les années : 2008

Marie-Thérèse

Mercredi 4 avril 2012

En 2008 je me souviens que je suis allée à la mer.

Je suis allée à la mer en vacances avec mes amis et moi j’étais toute contente eux aussi étaient contents d’être ensemble.  On sortait pour visiter la ville de Bormes-les-Mimosas on voyait les bonnes choses et on allait aussi nager mais moi j’apprenais à nager eux savaient nager. Ils se moquaient un peu de moi parce que je disais que je ne savais pas nager moi j’ai peur d’aller avec vous eux me disaient viens avec nous on va t’apprendre à nager. Ce n’est pas difficile.

Les années

Marie-Thérèse

Mercredi 28 mars 2012

2011 : je me souviens de mon premier enfant.

2010 : je me souviens que j’ai mangé des poissons noirs.

2009 : je me souviens bien de ma maman.

2008 : je me souviens que je suis allée à la mer.

2007 : je me souviens de mon arrivée à Yverdon.

2006 : je me souviens que je suis allée à la boucherie.

2005 : je me souviens de ma fleur rouge.

2004 : je me souviens de l’Afrique.

Devant la parole


Valère Novarina

Devant la parole

Chaque terrien d’ici le sait bien, qu’il n’est pas fait que de terre. Et s’il le sait, c’est parce qu’il parle. Nous le savons tous très bien, tout au fond, que l’intérieur est le lieu non du mien, non du moi, mais d’un passage, d’une brèche par où nous saisit un souffle étranger. A l’intérieur de nous, au plus profond de nous, est une voie grande ouverte : nous sommes pour ainsi dire troués, à jour, à ciel ouvert (…). Nous le savons tous très bien, tout au fond, que la parole existe en nous, hors de tout échange, hors des choses, et même hors de nous.

Qu’est-ce que les mots nous disent à l’intérieur où ils résonnent ? Qu’ils ne sont ni des instruments qui se troquent, ni des outils qu’on prend et qui se jettent, mais qu’ils ont leur mot à dire. Ils en savent sur le langage beaucoup plus que nous. Ils savent qu’ils sont échangés entre les hommes non comme des formules et des slogans mais comme des offrandes et des danses mystérieuses. Ils en savent plus que nous ; ils ont résonné bien avant nous ; ils s’appelaient les uns les autres bien avant que nous soyons là. Les mots préexistent à ta naissance. Ils ont raisonné bien avant toi. Ni instruments ni outils, les mots sont la vraie chair humaine et comme le corps de la pensée : la parole nous est plus intérieure que tous nos organes du dedans. Les mots que tu dis sont plus à l’intérieur  de toi que toi. Notre chair physique c’est la terre, mais notre chair spirituelle c’est la parole ; elle est l’étoffe, la texture, la tessiture, le tissu, la matière de notre esprit.

Devant la parole

Marie-Thérèse

Lundi 26 mars 2012

Quand j’étais petite en Afrique on parlait tout le temps de la Bible avec mes soeurs et mes enfants parce qu’ils aiment lire les textes et moi je les laissais je partais en ville ou au champ, des fois je dormais.

Aujourd’hui j’ai discuté avec mon chef des choses que je demande à faire parce que j’aime faire le café complet pour les résidents elle me dit oui tu peux aussi faire les décorations pour les desserts ou la cuisine. C’est bien d’apprendre à faire un peu de tout dans la vie parce que ça aide beaucoup dans la vie de l’homme.

Infra-ordinaire

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien ; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas d’avantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.

Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ? (…)

Nous vivons, certes, nous respirons, certes ; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

 L’infra-ordinaire, Georges Perec.

Habiter

Marie-Thérèse

Lundi 19 mars 2012

Chez moi j’habite dans trois pièces.

J’ai un salon.

Vélo : je vois les gens qui vont en vélo tous les jours.

Ascenseur : je prends l’ascenseur tous les jours pour aller au travail.

Cuisine : dans la cuisine j’ai un frigo une cuisinière et des casseroles, des assiettes.

Salle de bain : dans la salle de bain j’ai un miroir, une baignoire.

Balcon.

Salon : dans mon salon j’ai une table, une armoire blanche, une télévision, un canapé rouge.

On dirait

On dirait

On dirait que mon nez bleu est surprenant.

On dirait que mes yeux gracieux sont rieurs.

On dirait que ma tête voyage calmement sur la terrasse.

On dirait que mes genoux dansent dans le jardin.

On dirait que mes orteils énormes courent à l’hôpital.

On dirait que mes mains écoutent la chanson.

On dirait que mes dents mangent l’histoire.

On dirait que mes cheveux longs se promènent dans la bibliothèque.

On dirait que mes oreilles écoutent la télévision.

On dirait que la fenêtre rit joyeusement de mes organes.

On dirait que le petit salon travaille mon cerveau.

On dirait que le giratoire nage lentement dans mes veines.

On dirait que ma respiration s’arrête au lac.

On dirait que mon corps chante curieusement dans l’ordinateur.

(Création collective, avec les participants du cours de Jacqueline, le 30 janvier 2012)

Je suis née

Marie-Thérèse

Lundi 12 décembre 2011

Je suis née le 10 septembre 1970. Je suis née en Afrique au Cameroun dans la ville de Yaoundé. Ma mère a accouché de sept enfants et l’aîné est mort à l’âge de trente-et-un an. Nous sommes restés à six enfants…

Je me souviens

Marie-Thérèse

Lundi 28 novembre 2011

Je me souviens de mon arrivée en Suisse

Quand je suis arrivée en Suisse c’est mon frère qui m’avait accueillie, il habite à la vieille ville de Lausanne. Le même jour il m’avait emmenée dans les magasins, j’ai été surprise de voir beaucoup de choses et propres, ça m’avait étonnée de voir toutes ces choses-là, les habits et les chaussures et les appareils. Et moi il me manquait tout, je n’avais pas l’argent pour acheter les choses que je voyais. C’est là que j’ai commencé à avoir des soucis !

Liste

NOTES DE CHEVET

Sei Shônagon

Sei Shônagon était une dame d’honneur appartenant à la cour impériale du Japon. Elle a écrit les « Notes de chevet » dans les premières années du 11è siècle.

18.   Choses qui font battre le coeur

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.

Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.

Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse, au fond du coeur.

19.   Choses qui font naître un doux souvenir du passé

Les roses trémières desséchées.

Une nuit ou la lune est claire

20.   Choses qui égayent le coeur

L’aspect d’un bateau qui descend la rivière.

De l’eau qu’on boit quand on se réveille la nuit.

25.   Oiseaux

J’aime beaucoup le perroquet, bien que ce soit un oiseau des pays étrangers. Tout ce que les gens disent, il l’imite.

J’aime le coucou, le râle d’eau, la bécasse, l’étourneau, le gobe-mouche.

Le moineau à tête rouge.

La mouette.

La voix de l’oie sauvage est d’une mélancolie délicieuse quand on l’entend dans le lointain.

26.   Choses élégantes

Sur un gilet violet clair, une veste blanche.

Les petits des canards.

De la neige tombée sur les fleurs des glycines et les pruniers.

Un très joli bébé qui mange des fraises.

27.   Insectes

Le criquet à sonnettes, le criquet des pins, la sauterelle tisserande, le papillon, la libellule, la luciole.

La phalène est très jolie et charmante. Lorsqu’on approche la lampe tout près, pour lire un roman, qu’elle est gracieuse quand elle passe, en volant, devant le livre!

29.   Cascades   

28.   Rivières  

32.   Villages  

33.   Herbes

67.   Choses effrayantes

72.   Choses ravissantes

82.   Choses qui ne servent plus à rien, mais qui rappellent le passé

98.   Ecrits

109.   Choses à voir

132.   Choses qui ne font que passer

Un bateau dont la voile est hissée.

L’âge des gens.

Le printemps, l’été, l’automne, l’hiver.   


Liste

Marie-Thérèse

lundi 21 novembre 2011

Liste

Je pars dans le magasin pour acheter les choses qui me manquent à la maison. J’ai acheté les haricots et les poissons et le riz et un légume qui est très joli et les fruits les mangues et kiwis et bananes oranges et pommes.

Choses que je voudrais écrire

J’aime lire la bible parce que j’aime le nom de Jésus.

Cortège

Marie-Thérèse

Lundi 7 novembre 2011

Quand je suis seule

Quand je suis seule, j’essaye de lire et écrire et enfin je fais le nettoyage, après je me repose.

Je raconte une surprise

J’ai été surprise avec ma belle-mère. J’aimais aller lui faire un petit coucou et j’ai été surprise qu’elle ne m’aime pas. J’ai dit à mon mari: « ta maman ne m’aime pas, donc je ne pars plus là-bas. »

Dimanche 6 novembre: j’ai préparé des petits légumes.

Samedi 5 novembre: je suis partie me balader.

Vendredi 4 novembre: j’ai fait un menu africain.

Jeudi 3 novembre: j’ai mangé une salade de fruits.

Mercredi 2 novembre: je suis allée porter les pommes.

Mardi 1 novembre: j’étais fatiguée.

Lundi 31 octobre: j’étais partie chez mon amie.

Je me souviens

Marie-Thérèse

Lundi 26 septembre 2011

Je me souviens d’avoir acheté le sac.

Je me souviens de ma souffrance.

Je me souviens d’avoir acheté ma robe.

Je me souviens de cette souffrance parce que nous les femmes ne pouvions pas acheter des chaussures, mais les hommes y arrivaient parce que notre père les mettaient à l’école, eux ils arrivaient à acheter des chaussures.

Cette souffrance, je l’avais parce qu’en Afrique au Cameroun dans mon village on était……….  chez notre père.