Yverdon-les-Bains : la gare

Nono

Lundi 30 avril

Je vois le grand bâtiment beige avec une écriture SBB CFF en blanc et à côté une flèche rouge qui signifie aller-retour, en haut du bâtiment. En bas du bâtiment il y a six portes en bois, vitrées. Il y a des gens dehors assis et des gens qui rentrent et sortent. Il y a aussi un pavillon pour que les gens restent à l’ombre quand il y a du soleil et restent à l’abri quand il pleut. Je vois aussi des pubs sur le mur et les affiches sur le pied devant la porte, il y a aussi une fontaine en ciment devant. Dans ce bâtiment les gens achètent des abonnements et des billets de train.

Je vois au bout du bâtiment dont j’ai parlé avant, un tea-room où les gens viennent s’asseoir pour boire un café ou attendre le train qui arrive ou pour attendre quelqu’un qui va arriver. Dans une boulangerie les gens peuvent acheter du pain des croissants ou bien d’autres choses à manger dans le train. Il y a aussi des affiches devant la porte et un tableau des prix, sur le côté il y a une publicité rouge.

Je vois le train sur une voie et un passager qui vient vers la boulangerie. Il y a aussi un escalier qui descend pour aller de l’autre côté du souterrain, il est protégé d’un auvent. En haut de cet escalier il y a des informations, une flèche qui descend et une indication de numéro de voie.

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Une vie plus belle

L’enfant avait terminé et lut à haute voix ce qu’il avait écrit :  » Comment je me figure une vie plus belle — J’aimerais qu’il  ne fasse ni chaud ni froid. Il faut qu’il souffle toujours un vent tiède, parfois il y a une tempête contre laquelle il faut s’accroupir. Les autos ont disparu. Les maisons seraient rouges. Les buissons seraient de l’or. On saurait déjà tout et on n’aurait plus besoin de rien apprendre. On habiterait sur des îles. Dans les rues les voitures restent ouvertes et on peut s’y mettre quand on est fatigué. Mais on n’est plus fatigué du tout. Les voitures  n’appartiennent à personne. Le soir on reste debout. On s’endort là où on est. Il ne pleut jamais. De tous les amis on en a quatre de chaque et les gens qu’on ne connaît pas disparaissent. Tout ce qu’on ne connaît pas disparaît. »

 Peter Handke,  La femme Gauchère

Une vie plus belle

Nono

Lundi 30 avril

Comment je me figure une vie plus belle

J’aimerais qu’on vive pour toujours en famille en amis qu’on ne meure ni vieillisse jamais qu’on reste comme un jeune de dix-huit ans, et aussi qu’on ait une vie heureuse, en paix, sans guerre ni violence, que tout le monde soit uni sans jalousie, sans méchanceté, que les gens aient la foi et le coeur pour s’aider les uns les autres. Après, j’aimerais qu’on ait tout le temps du soleil, un peu de pluie.

J’aimerais tellement que le monde soit plus beau que j’en rêve des fois dans mon sommeil.

Devant la parole


Valère Novarina

Devant la parole

Chaque terrien d’ici le sait bien, qu’il n’est pas fait que de terre. Et s’il le sait, c’est parce qu’il parle. Nous le savons tous très bien, tout au fond, que l’intérieur est le lieu non du mien, non du moi, mais d’un passage, d’une brèche par où nous saisit un souffle étranger. A l’intérieur de nous, au plus profond de nous, est une voie grande ouverte : nous sommes pour ainsi dire troués, à jour, à ciel ouvert (…). Nous le savons tous très bien, tout au fond, que la parole existe en nous, hors de tout échange, hors des choses, et même hors de nous.

Qu’est-ce que les mots nous disent à l’intérieur où ils résonnent ? Qu’ils ne sont ni des instruments qui se troquent, ni des outils qu’on prend et qui se jettent, mais qu’ils ont leur mot à dire. Ils en savent sur le langage beaucoup plus que nous. Ils savent qu’ils sont échangés entre les hommes non comme des formules et des slogans mais comme des offrandes et des danses mystérieuses. Ils en savent plus que nous ; ils ont résonné bien avant nous ; ils s’appelaient les uns les autres bien avant que nous soyons là. Les mots préexistent à ta naissance. Ils ont raisonné bien avant toi. Ni instruments ni outils, les mots sont la vraie chair humaine et comme le corps de la pensée : la parole nous est plus intérieure que tous nos organes du dedans. Les mots que tu dis sont plus à l’intérieur  de toi que toi. Notre chair physique c’est la terre, mais notre chair spirituelle c’est la parole ; elle est l’étoffe, la texture, la tessiture, le tissu, la matière de notre esprit.

Devant la parole

Nono

Lundi 26 mars 2012

Aujourd’hui Monsieur Renaud nous demande des choses pas faciles mais je vais essayer de faire de mon mieux. Maintenant il commence à faire beau je rencontre souvent les gens dehors qui parlent de la pluie qui vient très peu, que c’est à cause de la pollution.

Et aussi les gens parlent que maintenant à cause de la crise il y a beaucoup d’étrangers qui rentrent ici en Suisse que le travail c’est difficile à trouver. A l’époque quand je suis venue en Suisse je ne savais même pas parler français mais c’était simple de trouver du travail, j’ai su parler le français grâce aux autres collègues de travail. Ces derniers temps j’aimerais savoir écrire un peu mais c’est très difficile parce que ce n’est pas comme on entend qu’on écrit. Mais je pense quand-même qu’il y a de l’amélioration, avec la volonté je vais y arriver.

Infra-ordinaire

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien ; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas d’avantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.

Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ? (…)

Nous vivons, certes, nous respirons, certes ; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

 L’infra-ordinaire, Georges Perec.

Habiter

Nono

Lundi 19 mars 2012

Devant chez moi il y a la Thièle.

Bâtiment couleur châtain clair troisième étage.

Un portail noir, des fleurs, des plantes à ma droite.

Monter dans l’escalier. Un ascenseur.

Deuxième étage arriver chez moi, quatre pièces et demi.

A l’entrée une armoire, deux portes à droite.

A gauche cadre et armoire à chaussures.

A gauche il y a les deux chambres de mes filles.

Plus loin salle à manger cuisine et salon.

Salle à manger une table et six chaises.

Murs en crépi.

Salon un canapé, télévision, étagère, des cadres, parquet, une lampe.

Une terrasse vitrée avec des fleurs.

Toilettes avant d’arriver au salon.

Une machine à laver, cabine douche, les armoires.

Vers la chambre une salle de bain, les armoires et carrelage.

Frigo.

Cheminée.

August Sander

Nono

Lundi 5 mars 2012

Trois paysans en habits du dimanche, August Sander (photo).

J’ai vu trois jeunes hommes habillés en costards noirs chapeaux et chemises blanches, avec une canne dans la main. On dirait qu’ils vont à une fête.  L’un d’entre eux est en train de fumer une cigarette en marchant. On dirait qu’ils sont à la campagne parce qu’ils marchent dans la boue à côté d’un mur.

Moi je pense que les deux devant  ce sont les frères, l’autre derrière c’est le père, ils vont à une fête, à un mariage dans leur famille.

Moi et ma soeur et mon père en 1914. A l’époque il n’y avait pas beaucoup de voitures, nous habitions dans la campagne, nous devions partir au mariage de ma cousine à trente kilomètres de notre village. Là, comme nous l’avons vu sur la photo, nous prenons le chemin raccourci, c’est pour ça que nous marchons dans la boue, parce que c’est le chemin le plus court pour arriver.

On dirait

On dirait

On dirait que mon nez bleu est surprenant.

On dirait que mes yeux gracieux sont rieurs.

On dirait que ma tête voyage calmement sur la terrasse.

On dirait que mes genoux dansent dans le jardin.

On dirait que mes orteils énormes courent à l’hôpital.

On dirait que mes mains écoutent la chanson.

On dirait que mes dents mangent l’histoire.

On dirait que mes cheveux longs se promènent dans la bibliothèque.

On dirait que mes oreilles écoutent la télévision.

On dirait que la fenêtre rit joyeusement de mes organes.

On dirait que le petit salon travaille mon cerveau.

On dirait que le giratoire nage lentement dans mes veines.

On dirait que ma respiration s’arrête au lac.

On dirait que mon corps chante curieusement dans l’ordinateur.

(Création collective, avec les participants du cours de Jacqueline, le 30 janvier 2012)

Il y a il n’y a pas, journal

Nono

Lundi 30 janvier 2012

En Suisse il y a de la neige.

Au Cap-Vert il y a de la neige.

Chez moi il y a quatre personnes.

Chez moi il n’y a pas huit personnes.

Dans mon village il n’y a pas beaucoup d’habitations.

Dans mon village il y a beaucoup d’habitations.

Dans mon pays il n’y a pas beaucoup de travail.

Dans mon pays il y a beaucoup de travail.

Dans le monde il y a des gens sincères.

Dans le monde il n’y a pas de gens sincères.

Journal

Lundi 23 janvier : je ne me rappelle plus ce que j’ai fait.

Mardi 24 : j’ai travaillé toute la journée.

Mercredi 25 : j’avais congé et je me suis reposée.

Jeudi 26 : je suis partie à Lausanne toute la journée.

Vendredi 27 : j’ai fait le ménage le matin et j’ai travaillé l’après-midi.

Samedi 28 : je suis partie à Paris chez ma cousine.

Dimanche 29 : je suis rentrée fatiguée.

Rue du Collège

Rue du Collège

n°3  marché de Noël Stuttgart Jean-Louis voyages novabus.

n°5 le pain de notre boulanger la signature de l’artisan véritable baguette vaudoise de tradition.

n°6 la Fontaine boxer bière la bière romande de qualité

frappé fraise mocca vanille chocolat coco.

Défense de laver dans ce bassin et d’en salir l’eau amende Fr 3 direction de police municipale.

En cas d’absence veuillez vous adresser à côté.

n°11 tous les soirs crêpes à gogo tous les jours menus et salades.

L’esprit libre… un art de vivre

2011 parmi les meilleurs commerçants de votre région

les champs magnétiques pulsés contre les douleurs

l’être bleu ésotérisme tarot doré

les incroyables pouvoirs de l’eau.

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Ici Berlin centre d’adaptation de lentilles de contact entrée.

Fin de la zone piétonne.

Publicité non désirée.

Rue du Collège

Nono

Lundi 23 janvier 2012

Rue du Collège

N°3  marché de Noël Stuttgart Jean-Louis Voyages Novabus

Un jour ma soeur et moi nous pensons à partir en Allemagne au marché de Noël avec l’agence Novabus. On est parti le vendredi après-midi. Nous sommes rentrées le dimanche matin. On a acheté des bougies des cartes et les décorations de Noël.

Ces deux jours se sont bien passés, le conducteur du bus était sympa et les passagers aussi. On a fait un agréable voyage. Je crois qu’on va le faire encore l’année prochaine.

Les années

Nono

Lundi 16 janvier 2012

En 1986 j’ai fêté mes dix-neuf ans.

En 1987 j’étais demoiselle d’honneur au mariage de ma voisine.

En 1988 j’ai donné des cours d’alphabétisation.

En 1989 je suis allée faire un petit tour de bateau dans les îles du Cap-Vert.

En 1990 je suis partie du Cap-Vert.

En 1991 j’ai travaillé comme fille au pair en Suisse.

En 1992 je suis partie au Portugal.

En 1993 j’ai commencé à travailler dans un restaurant au Portugal.

En 1994 j’ai changé de travail toujours au Portugal.

En 1995 je suis encore rentrée en Suisse.

En 1996 je me suis mariée.

En 1997 ma fille aînée est venue au monde.

En 1998 j’ai fêté son anniversaire.

En 1999 j’ai voyagé au Cap-Vert.

En 2000 j’ai commencé à travailler au hypermarché  Casino, en Chamard.

En 2002 ma petite dernière est venue au monde.

En 2003 on a fêté ses un an.

En 2004 je me rappelle que je n’avais plus de travail.

En 2005 je suis allée pour la première fois à la montagne.

En 2006 j’ai arrêté de travailler à Casino.

En 2007 j’ai perdu ma grand-mère.

En 2008 j’ai commencé à travailler à la Coop d’Yverdon.

En 2010 j’ai perdu mon papa et ma maman et aussi un de nos collègues de cours.

En 2011 j’ai souhaité faire un voyage en Amérique.

Lire

Nono

Lundi 9 janvier 2012

Je suis chez moi en train de lire un livre de l’histoire d’une fille très pauvre qui est devenue un mannequin très connu. Elle s’appelle Waris. Cette fille elle est née dans une famille somalienne. Un jour son père voulait lui faire faire un mariage arrangé avec un vieux monsieur. Elle n’était pas d’accord, elle a fui de la maison au milieu de la nuit dans le désert de Somalie sans destination. Quand elle est partie elle n’a pas eu le temps de prendre à manger et à boire donc elle avait faim et soif. Elle était très fatiguée.

« Fleur du désert », Waris Dirie et Cathleen Miller, J’ai Lu

Arrivée en Suisse

Nono

Lundi 12 décembre 2011

Mon arrivée en Suisse

Mon arrivée en Suisse c’était formidable, d’un côté j’étais triste parce que j’avais quitté ma famille, de l’autre j’étais contente parce que je venais de découvrir un pays merveilleux.

Quand je suis arrivée en Suisse c’était au mois d’octobre 1990, un samedi en fin d’après-midi. Il ne faisait déjà pas chaud mais je n’avais pas de jaquette ni de chaussures fermées. Mon beau-frère et ma soeur étaient venus me chercher à l’aéroport de Genève, ils m’ont emmenée chez eux. Le lendemain ma soeur a commencé à m’expliquer qu’ ici en Suisse il faut porter des habits chauds, qu’il faut mettre un collant, des bottes, un pull. Là, j’ai commencé à réfléchir au fait que mes habitudes de chez-nous allaient me manquer.

Chambre

LA VIE MODE D’EMPLOI

Georges Perec

Chapitre LVII

Madame Orlowska  ( Chambres de bonne, 11 )

(…)

 La chambre est toute petite et bien rangée. A gauche, collé contre la cloison, le lit, une banquette étroite garnie de quelques coussins, sous laquelle ont été aménagés des tiroirs; puis une table en bois blanc avec une machine à écrire portative et divers papiers, et une autre table, plus petite encore, pliante, en métal, supportant un camping-gaz et plusieurs ustensiles de cuisine.

 Contre le mur de droite il y a un lit à barreaux et un tabouret. Un autre tabouret, à côté de la banquette, remplissant l’espace étroit qui la sépare de la porte, sert de table de nuit: y voisinent une lampe au pied torsadé, un cendrier octogonal de faïence blanche, une petite boîte à cigarettes en bois sculpté affectant la forme d’un tonneau (…).

 Le sol est couvert d’un linoléum rouge sombre. Les murs, garnis d’étagères où sont rangés les vêtements, les livres, la vaisselle, etc, sont peints en beige clair. Deux affiches aux couleurs très vives, sur le mur de droite, entre le lit d’enfant et la porte, les éclairent un peu : la première est le portrait d’un clown, avec un nez en balle de ping-pong, une mèche rouge carotte, un costume à carreaux, un gigantesque noeud papillon à pois et de longues chaussures aplaties. La seconde représente six hommes debout les uns à côté des autres : l’un porte toute sa barbe, une barbe noire, un autre a une grosse bague au doigt, un autre a une ceinture rouge, un autre a des pantalons déchirés aux genoux, un autre n’a qu’un oeil ouvert et le dernier montre les dents.

Quand on lui demande quelle est la signification de cette affiche, Elzbieta Orlowska répond qu’elle illustre une comptine très populaire en Pologne, où elle sert à endormir les petits enfants :

   – J’ai rencontré six hommes, dit la maman.

   – Comment sont-ils donc ? demande l’enfant.

   – Le premier a une barbe noire, dit la maman.

   – Pourquoi ? demande l’enfant.

   – Parce qu’il ne sait pas se raser, pardi ! dit la maman.

   – Et le second ? demande l’enfant.

   – Le second a une bague, dit la maman.

   – Pourquoi? demande l’enfant.

   – Parce qu’il est marié, pardi ! dit la maman.

    – Et le troisième ? demande l’enfant.

   – Le troisième a une ceinture à son pantalon, dit la maman.

   – Pourquoi ? demande l’enfant.

   – Parce que sinon il tomberait, pardi ! dit la maman.

   – Et le quatrième ? demande l’enfant.

   – Le quatrième a déchiré ses pantalons, dit la maman.

   – Pourquoi ? demande l’enfant.

   – Parce qu’il a couru trop fort, pardi ! dit la maman.

   – Et le cinquième ? demande l’enfant.

   – Le cinquième n’a qu’un oeil d’ouvert, dit la maman.

   – Pourquoi ? demande l’enfant.

   – Parce qu’il est en train de s’endormir, comme toi, mon enfant, dit la maman d’une voix    

     très douce.

   – Et le dernier ? demande en murmurant l’enfant.

   – Le dernier montre les dents, dit la maman dans un souffle.

   Il ne faut surtout pas dire que le petit enfant demande alors quoi que ce soit, car s’il a le    

     malheur de dire : 

   – Pourquoi ?

   – Parce qu’il va te manger si tu ne dors pas, pardi ! dira la mère d’une voix tonitruante.

Chambre

Nono

Lundi 5 décembre 2011

Une chambre

Je me rappelle quand j’étais petite que nous devions partager la même chambre moi et mes soeurs. C’était très difficile parce qu’on avait le matériel scolaire, les habits, la chambre elle était serrée, quand il y en a une qui range il y en a une autre qui dérange, on se chicanait tout le temps. Cette chambre avait un lit, un miroir et une petite table,  une porte mais pas de fenêtre.

Ma mère nous racontait des histoires des fois le soir d’une dame qui appelait un monsieur d’un petit nom et le monsieur ne voulait pas qu’elle l’appelle comme ça, mais la dame continua et le monsieur jeta la dame dans la mer. La dame ne pouvait plus  parler mais continuait en faisant des gestes.

Liste

NOTES DE CHEVET

Sei Shônagon

Sei Shônagon était une dame d’honneur appartenant à la cour impériale du Japon. Elle a écrit les « Notes de chevet » dans les premières années du 11è siècle.

18.   Choses qui font battre le coeur

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.

Passer devant un endroit où l’on fait jouer de petits enfants.

Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum. Même quand personne ne vous voit, on se sent heureuse, au fond du coeur.

19.   Choses qui font naître un doux souvenir du passé

Les roses trémières desséchées.

Une nuit ou la lune est claire

20.   Choses qui égayent le coeur

L’aspect d’un bateau qui descend la rivière.

De l’eau qu’on boit quand on se réveille la nuit.

25.   Oiseaux

J’aime beaucoup le perroquet, bien que ce soit un oiseau des pays étrangers. Tout ce que les gens disent, il l’imite.

J’aime le coucou, le râle d’eau, la bécasse, l’étourneau, le gobe-mouche.

Le moineau à tête rouge.

La mouette.

La voix de l’oie sauvage est d’une mélancolie délicieuse quand on l’entend dans le lointain.

26.   Choses élégantes

Sur un gilet violet clair, une veste blanche.

Les petits des canards.

De la neige tombée sur les fleurs des glycines et les pruniers.

Un très joli bébé qui mange des fraises.

27.   Insectes

Le criquet à sonnettes, le criquet des pins, la sauterelle tisserande, le papillon, la libellule, la luciole.

La phalène est très jolie et charmante. Lorsqu’on approche la lampe tout près, pour lire un roman, qu’elle est gracieuse quand elle passe, en volant, devant le livre!

29.   Cascades   

28.   Rivières  

32.   Villages  

33.   Herbes

67.   Choses effrayantes

72.   Choses ravissantes

82.   Choses qui ne servent plus à rien, mais qui rappellent le passé

98.   Ecrits

109.   Choses à voir

132.   Choses qui ne font que passer

Un bateau dont la voile est hissée.

L’âge des gens.

Le printemps, l’été, l’automne, l’hiver.   


Liste

Nono

Lundi 21 novembre 2011

Listes

Aujourd’hui j’aimerais faire une robe pour ma fille. Voilà la liste, le tissu, fil, bouton, et le ruban.

J’aime les animaux domestiques comme poule, coq, lapin, et aussi les animaux de compagnie : comme chien, chat etc…

Commissions

Je veux faire la liste des commissions pour toute la semaine, brocoli, épinards, poireaux, chou-fleur, haricots, thon, côtelettes, viande hachée de boeuf, fromage, farine, pommes, kakis, bananes.

Choses que j’aimerais écrire

Mon arrivée en Suisse.

Mes vacances au Cap-Vert.

Passer l’hiver en Suisse.

Zone

Nono

Lundi 14 novembre 2011

Photo n°1

Tu es ici dans ton jardin en train de boire avec une amie, cet été 2011. A gauche de l’image, on voit le cabanon qui sert à ranger des outils de jardin et la vaisselle, les boissons, etc. Dans le jardin il y a des légumes, choux, salades, tomates, haricots.

Photo n°2

Tu es en train de jouer au ballon avec ta fille. Ta fille a neuf ans, c’est en 2002 à Yverdon.

Photo n°3

Tu es en train de voyager avec ton mari. Tu es à l’aéroport de Genève, pour aller au Cap-Vert.

Journal

Dimanche 13 novembre:  j’ai dormi jusqu’à dix heures, après j’ai préparé le dîner, nous dînons, ensuite nous allons marcher au bord du lac.

Samedi 12 novembre: je me suis levée le matin, j’ai préparé le déjeuner après j’ai fait un peu de ménage, ensuite j’ai travaillé jusqu’à cinq heures.

Vendredi 11 novembre: j’emmène ma fille à l’école après je prépare le dîner comme d’habitude, l’après-midi je repasse des habits.

Jeudi 10 novembre: j’ai travaillé toute la journée.

Mercredi 9 novembre: le matin j’avais fait un peu de gym,  l’après-midi j’étais à Lausanne chez ma cousine.

Mardi 8 novembre: j’ai travaillé toute la journée.

Lundi 7 novembre: j’étais chez le dentiste, après je n’ai pas fait grand-chose.

Cortège

Nono

Lundi 7 novembre 2011

Quand je suis seule

Quand je suis seule j’aime bien écouter la radio « Nostalgie » et faire un peu de yoga des fois je lis des livres des histoires vraies, ou je fais des arrangements dans l’appartement.

Une surprise

« Surprise », c’est le mot que j’aime bien entendre. C’est quelque chose que j’aime faire aux gens, ou à mes enfants pour les anniversaires, pour une fête ou pour une occasion spéciale. Aussi j’aime bien que quelqu’un m’en fasse.

Dimanche 6 novembre: je suis allée me promener au bord du lac avec ma fille et mon mari, après nous sommes allés à la prière à l’église de Grandson.

Samedi 5 novembre: le matin j’ai préparé le déjeuner et après j’ai préparé le dîner on a mangé ensuite je suis allée travailler de treize heures à dix-sept heures.

Vendredi 4 novembre: le matin je fais un peu de ménage et le dîner, l’après-midi je travaille jusqu’à dix-neuf heures.

Jeudi 3 novembre: j’ai travaillé toute la journée.

Mercredi 2 novembre: le matin j’ai amené ma fille à l’école après j’ai préparé le dîner l’après-midi je suis allée à la rencontre des femmes avec la société « Appartenances » pour des activités d’animation après j’ai passé du temps avec ma fille.

Mardi 1 novembre: pas grand chose, je ne me rappelle presque pas.

Lundi 31 octobre: j’ai travaillé.

Espèces d’espaces

Nono

Lundi 10 octobre 2011

J’habite dans une maison au nord de la France. J’ai un demi hectare de terrain. J’aime bien habiter dans un endroit qui a beaucoup d’espace, où l’on peut faire des choses qu’on ne peut pas faire quand on habite en ville.

Tout ça, c’est mon plan pour la retraite! Je pense que je vais avoir beaucoup de temps libre pour m’occuper du jardin, des fleurs, du gazon…

Dimanche 9 octobre: j’ai joué avec mes filles et je me suis reposée.

Samedi 8 octobre: je suis allée à la messe à Grandson.

Vendredi 7 octobre: j’ai travaillé toute la journée.

Jeudi 6 octobre: je suis allée me promener avec mon mari.

Mercredi 5 octobre: j’ai emmené ma fille à l’école.

Mardi 4 octobre: je ne me rappelle plus ce que j’ai fait.

Je suis née

Nono

Lundi 3 octobre 2011

Je suis née le 6 juin 1969 au Cap-Vert, dans un village qui s’appelle Ribeirào Manuel. Ma mère et mon père étaient déjà mariés depuis longtemps parce que moi, je suis la benjamine. Mes parents ont eu neuf enfants. Deux n’ont pas vécu longtemps, ils sont décédés quelques années plus tard. Tout ça c’est ma mère qui me l’a raconté, elle m’a dit qu’ils s’appelaient Jào et Joaquin, que Jào il était décédé à l’âge de seize ans et Joaquin à l’âge de neuf ans, donc je n’ai pas pu les connaître les deux, mais les autres sept sont vivants. Ils sont tous en Suisse, sauf un qui vit en Amérique.

Je me souviens

Nono

Lundi 26 septembre 2011

Je me souviens d’une ballerine rouge que j’avais quand j’étais au Cap-Vert.

Je me souviens d’un sac-à-dos que mon père m’a ramené de Hollande.

Je me souviens d’une boucle d’oreille argentée que mon frère m’a donné quand j’étais petite.

Je me souviens de ce sac-à-dos que mon père m’a apporté de Hollande. J’étais à l’école, les enfants m’ont appelé et m’ont dit que mon père était venu de Hollande, j’ai couru à la maison, c’était la fin de l’après-midi, je l’ai embrassé, il m’a dit je t’ai apporté le cadeau que tu m’as demandé. Le lendemain il me l’a donné, c’était le plus beau cadeau que j’avais reçu jusque-là, et j’étais très contente.

Mais c’était dommage parce que mon père ne restait que quinze jours au Cap-Vert, après il devait retourner à son travail en Hollande, à la recherche d’une vie meilleure pour sa famille.