Devant la parole


Valère Novarina

Devant la parole

Chaque terrien d’ici le sait bien, qu’il n’est pas fait que de terre. Et s’il le sait, c’est parce qu’il parle. Nous le savons tous très bien, tout au fond, que l’intérieur est le lieu non du mien, non du moi, mais d’un passage, d’une brèche par où nous saisit un souffle étranger. A l’intérieur de nous, au plus profond de nous, est une voie grande ouverte : nous sommes pour ainsi dire troués, à jour, à ciel ouvert (…). Nous le savons tous très bien, tout au fond, que la parole existe en nous, hors de tout échange, hors des choses, et même hors de nous.

Qu’est-ce que les mots nous disent à l’intérieur où ils résonnent ? Qu’ils ne sont ni des instruments qui se troquent, ni des outils qu’on prend et qui se jettent, mais qu’ils ont leur mot à dire. Ils en savent sur le langage beaucoup plus que nous. Ils savent qu’ils sont échangés entre les hommes non comme des formules et des slogans mais comme des offrandes et des danses mystérieuses. Ils en savent plus que nous ; ils ont résonné bien avant nous ; ils s’appelaient les uns les autres bien avant que nous soyons là. Les mots préexistent à ta naissance. Ils ont raisonné bien avant toi. Ni instruments ni outils, les mots sont la vraie chair humaine et comme le corps de la pensée : la parole nous est plus intérieure que tous nos organes du dedans. Les mots que tu dis sont plus à l’intérieur  de toi que toi. Notre chair physique c’est la terre, mais notre chair spirituelle c’est la parole ; elle est l’étoffe, la texture, la tessiture, le tissu, la matière de notre esprit.

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Devant la parole

Nono

Lundi 26 mars 2012

Aujourd’hui Monsieur Renaud nous demande des choses pas faciles mais je vais essayer de faire de mon mieux. Maintenant il commence à faire beau je rencontre souvent les gens dehors qui parlent de la pluie qui vient très peu, que c’est à cause de la pollution.

Et aussi les gens parlent que maintenant à cause de la crise il y a beaucoup d’étrangers qui rentrent ici en Suisse que le travail c’est difficile à trouver. A l’époque quand je suis venue en Suisse je ne savais même pas parler français mais c’était simple de trouver du travail, j’ai su parler le français grâce aux autres collègues de travail. Ces derniers temps j’aimerais savoir écrire un peu mais c’est très difficile parce que ce n’est pas comme on entend qu’on écrit. Mais je pense quand-même qu’il y a de l’amélioration, avec la volonté je vais y arriver.

Devant la parole

Marie-Thérèse

Lundi 26 mars 2012

Quand j’étais petite en Afrique on parlait tout le temps de la Bible avec mes soeurs et mes enfants parce qu’ils aiment lire les textes et moi je les laissais je partais en ville ou au champ, des fois je dormais.

Aujourd’hui j’ai discuté avec mon chef des choses que je demande à faire parce que j’aime faire le café complet pour les résidents elle me dit oui tu peux aussi faire les décorations pour les desserts ou la cuisine. C’est bien d’apprendre à faire un peu de tout dans la vie parce que ça aide beaucoup dans la vie de l’homme.

Devant la parole

Farmer

Lundi 26 mars 2012

Une histoire

Aujourd’hui nous avons beaucoup parlé de la pollution dans sa globalité, c’est quelque chose qui me perturbe énormément ces jours, car nous avons eu très peu de pluie pendant l’hiver et surtout maintenant c’est terriblement sec. Du fait que je suis agriculteur, il y a deux choses qui sont primordiales, c’est l’eau et la terre. Je pense qu’aujourd’hui nous sommes en train de payer les années d’industrialisation depuis 1950 à aujourd’hui. Quand j’avais vingt ans au printemps nous étions toujours embêtés pour faire nos semis ou le travail à la vigne se compliquait par le passage d’averses fréquentes, ces dernières années nous avons eu très peu de pluie dans sa globalité, et c’est toute l’Europe qui est concernée, au Portugal en Espagne ou en Italie, nous avons eu beaucoup de feux de forêt, les sols qui sont passés par un incendie repoussent difficilement car au début ce sont des petits buissons qui sont encore beaucoup plus vulnérables aux flammes, donc il y a peu de végétation verte ce qui n’attire pas la pluie, les sols deviennent toujours plus secs. Quand je regarde ces dix dernières années, comme le climat a pu changer dans notre région, je m’inquiète vraiment pour les dix prochaines années, car cela va toujours plus vite. nous aurons de gros problèmes pour alimenter nos bêtes, et je n’ose pas imaginer le reste, sans être négatif je pense que nous allons droit dans le mur, une situation qui sera irréversible. Je veux essayer de mettre dans mon jardin de la paille dans mes tomates et les pommes de terre.